Le 19 février prochain, Christel Heydemann présentera son nouveau plan stratégique 2026-2030 aux salarié.es du groupe Orange. Dans la continuité de Lead The Future, qui a rassuré les marchés tout en mettant à mal nos conditions de travail (déménagements, réorganisations, surcharge de travail, filialisation, …), quels sacrifices va-t-on encore exiger de nous tous-tes ?
Les NAO 2026 en cours sont à minima avec une proposition de 1,7 % de budget et seulement 200 € brut annuel pour les ACO en bande Cou D ou pour les AFO de 2.1 à 2.3 à moins de 34 000 € de salaire de base. Aucun rattrapage ni aucun budget spécifique pour près de 20 000 salarié.es sans promotion depuis plus de 10 ans. Aucun budget genré alors que l ‘accord égalité pro le prévoit.
Que dire de la marche forcée des nombreux plan **Schéma Directeur de l’Immobilier ( SDIT),**qui partout en France n’ont qu’un seul but réduire le nombre de mètres carrées et mettre tout monde en flex desk. Mais surtout nous mettre sur les routes ou transports en commun allongés. On ne parlera pas du Fiasco de Marseille où malgré les alertes de SUD et des autres syndicats la direction s’est entêté dans son projet. Après 30 millions d’investissement, retour à la case départ tout le monde déménage ! Nous pourrions rajouter que la direction veut réduire le télétravail mais gère son parc immobilier avec celui-ci. D’ailleurs la prime télétravail n ‘a jamais été revue à la hausse depuis 2013 une honte.
Après une GEPP qui entérine la disparition d’un tiers des effectifs de l’entreprise en 3 ans, une I.A qui se déploie dans l’entreprise sans le moindre garde-fou, voilà que l’ensemble des organisations syndicales représentatives donnent un blanc-seing à Orange pour une mise en œuvre rapide de REGAIN, projet pourtant reconnu néfaste par 2 expertises du comité social et économique central ( CSEC)
Des nouveaux outils de pression managériale : Avec Max Intervention qui transforme les technicien.ne.s d’Orange en sous-traitant.es et Speech analytic, sur les centres d’appels , l’ IA remplacera les managers humains et la relation client par des scripts à ânonner… Explications :
MAX INTERVENTION : En octobre dernier, Orange présente devant le CSEC un projet visant à copier outils et méthodes de travail de nos sous-traitants : le monde à l’envers ! La direction nous explique en effet que nos outils sont « has been » et que ce sont ceux qui ont été développés par Orange pour nos « partenaires » qu’il va désormais falloir utiliser. FSM (Field Service Management) embarque notamment géolocalisation, optimisation des plans de charge et tournées par des IA. Une fois encore, le CSEC s’offusque… et crie au crime de lèse-majesté en mandatant encore une fois un cabinet d’expertise pour aller voir ce FSM. En décembre, coup de théâtre : l’expert indique qu’il ne peut mener à bien sa mission car on ne lui laisse pas voir FSM. Le déploiement est alors suspendu…jusqu’en février prochain, où l’entreprise demandera une fois encore aux élu-e-s leur avis… On attend la suite… Une mobilisation intersyndicale ? Nous l’appelons de nos vœux
SPEECH ANALYTICS est l’arbre qui cache la forêt, et c’est la seule IA ayant, à ce jour, fait l’objet d’une information/consultation devant le CSEC. Pourtant, le code du travail dispose que l’introduction de toute nouvelle technologie doit faire l’objet de cette consultation devant la plus haute instance de l’entreprise afin d’évaluer les conséquences et impacts sur l’emploi et les conditions de travail. Pourtant, le CSEC ne fait rien et laisse faire. Comme le disent Emmanuel Macron, Christel Heydemann ou encore Donald Trump : « Rien ne doit entraver le déploiement de l’IA ».
REGAIN : Plus c’est gros, plus ça passe !
SUD tire son chapeau à la direction d’ORANGE qui réussit à faire croire aux OS représentatives et au personnel que ce projet, qui va vider les Directions Opérationnelles de la quasi-totalité de leur personnel (Directions Orange), recentraliser les prises de décisions au sein des DMO (Directions métiers opérationnelles), n’aura aucune conséquence sur nos conditions de travail et sur l’emploi…Pourtant il est évident que REGAIN apparaît, avant tout, comme un levier de rationalisation budgétaire, sans anticipation de ses impacts humains et sociaux.
