
Ce début d’année à Orange n’augure rien de bon pour les travailleur.se.s d’Orange. Après la publication des résultats de 2025, le nouveau plan stratégique 2026-2030 est présenté en grande pompe le 19 février, en anglais, alors qu’en plus des 68 000 salarié.es en France, 11 pays dans lesquels le groupe Orange est présent ont le français comme langue officielle. Cela montre bien la volonté de la DG de s’adresser aux marchés financiers plutôt qu’à celles et ceux qui créent la richesse de l’entreprise. Le ton est donné.
Avant cela, le 27 janvier, lors du Comité social et économique central, toutes les OS s’associaient à la direction pour accélérer la mise en œuvre de son projet “Regain”.
Toutes s’exécutaient et rendaient un avis négatif sur le projet, permettant, de facto, à la direction de mettre en place la nouvelle organisation (grâce à l’avis rendu, peu importe lequel).
Toutes, sauf SUD, qui, après avoir envahi le CSEC, refusa de participer à cette vaste fumisterie, faute des informations indispensables de ce projet qui ne satisfait pas à la première des obligations de l’employeur, celle de l’évaluation de la charge de travail future et des risques.
Voici un bref aperçu des informations manquantes
aux CSEC, réclamées dans notre délibération : Regain délibération de SUD au CSEC - SUD à Orange
• Les nouveaux organigrammes,
• Les indicateurs sollicités par la Commission Orange France,
• Les fiches de poste pour chacun des emplois impactés,
• L’organisation des services, la maille de l’unité de travail,
• Les résultats/données de l’analyse et l’évaluation de la charge de travail, par unité de travail, pour l’ensemble des postes et emplois impactés, directement ou indirectement,
• Les résultats/données de l’analyse et de l’évaluation des risques professionnelles résultant de la nouvelle organisation du travail,
• Les plans d’action établis à la suite des analyses et évaluations susmentionnées,
• Le respect des préconisations des cabinets Peritus et Technologia.
…
Dès le lendemain, M. Hénique déclarait la mise en place de “Regain”, avec le blanc-seing du CSEC. Il précisait que ce projet, présenté officiellement à l’instance, en juillet 2025, était tout de même “discuté, depuis plus d’un an, avec les partenaires sociaux…”
UN REGAIN DE SUPPRESSIONS D’EMPLOIS
Cette nouvelle organisation, hyper centralisée, se met en place à marche forcée. L’adhésion du personnel à sa politique, reste faible, même chez les cadres supérieurs, selon le rapport Technologia.
“Regain” va réformer le précédent “ancrage territorial d’Orange” mené il y a six ans de cela, à la différence près qu’il va se dérouler dans des conditions beaucoup plus drastiques d’un “marché de l’emploi interne” encore plus exsangue, où la déflation des effectifs sera pilotée nationalement.
Ce même expert prévenait le CSEC qu’ “une vingtaine de “managers de managers” n’était toujours pas fixée” que cette situation risquait de “favoriser une dynamique de perte de sens et de désengagement ; ainsi qu’une fatigue psychologique liée aux allers/retours organisationnels”, tandis que “80% de la population concernée (les non-cadres et les cadres non-managers), une grande partie d’entre eux (plus de 40%) n’adhère pas à la stratégie d’Orange France et la majorité d’entre eux n’est pas d’accord sur le fait que le projet de réorganisation porté par Regain contribue aux objectifs supportant la stratégie d’Orange France”.
Des milliers de salarié.es devront changer d’activité et/ou de rattachement hiérarchique et/ou de manager direct. Combien d’entre nous perdront leur niveau de fonction et de qualification dans les nouveaux organigrammes ? Combien seront déclassé.es ? Combien de collectifs, d’équipes seront dispersés ? Combien devront encore s’adapter à leur nouvel environnement de travail ?
Tout ceci va se dérouler, avec des instances (CSE, CSSCT, etc.) ordonnées par la direction, dans des périmètres sociaux inadaptés à cette nouvelle organisation, au mépris du droit des salarié.es… Même si dans leur résolution pour avis négatif, les élu.es du CSEC, « redoutent une dégradation de la qualité du dialogue social et une fragilisation des dispositifs de prévention durant cette période de transition », rien n’indique que ces OS agiront pour obtenir l’adaptation des établissements distincts IRP et les mandats des représentants du personnel à cette nouvelle organisation. Leur représentativité primerait-elle sur le droit constitutionnel du personnel, en se conformant au diktat de la direction jusqu’aux prochaines élections ?

A Orange, contre REGAIN, les salarié·e·s et SUD PTT se mobilisent !
La déstructuration d’Orange est en ordre de marche. La direction n’en restera pas là. L’arsenal est prêt pour casser les collectifs, désorganiser, flexibiliser, disloquer le travail, surveiller, contrôler, déstabiliser, fragiliser le personnel, pour lui faire passer l’envie de rester au sein de la “maison-mère”, au mépris de son obligation de sécurité de résultat. Décidément, les dirigeant.es d’Orange, à l’instar du grand patronat, n’aiment pas les contraintes.
