CANICULE : leurs profits ruinent notre santé


L’Hexagone est en alerte canicule. Jusqu’à 72 départements en vigilance rouge… Les journées et les nuits les plus chaudes jamais enregistrées se succèdent. Et « les jours les plus chauds de l’été sont probablement encore devant nous", avertit F. Jobard, prévisionniste à Météo-France.

A ce niveau-là, la chaleur n’est plus seulement inconfortable, elle devient un risque sanitaire majeur !

QUAND IL FAIT TROP CHAUD, LE TRAVAIL DOIT S’ARRETER

Malgré toutes les alertes des scientifiques, répétées depuis des décennies, les néolibéraux continuent de traiter les canicules comme des événements exceptionnels, pour conduire, au nom de la croissance économique, leur politique parasite : l’écocide capitaliste. Les lobbies du productivisme et du consumérisme se chargent de détruire les faibles politiques publiques favorables au climat. Des médias et des personnalités réactionnaires relayent le concept éculé « d’écologie punitive » pour dénoncer les normes qui seraient trop contraignantes pour les entreprises. Rappelons la tribune publiée dans ce sens, dans Le Figaro du 7 mai 2024, où C. Heydemann et trois autres patrons du CAC 40 plaident « Pour une transition écologique juste, sans menace ni contrainte », sans jamais remettre en cause notre modèle de production. On ne saurait mieux qualifier le déni de responsabilité de la DG d’Orange et de ses acolytes qui nous gouvernent.

soleil en feu

Alors que l’Europe suffoque, les gouvernements occidentaux priorisent le développement de l’intelligence artificielle (IA) et l’implantation de data centers, destructeurs de l’environnement, hyper énergivores, vampires de nos ressources en eau… Sous l’effet du réchauffement climatique, les canicules se multiplient, s’intensifient et se développent de plus en plus tôt. Les accidents liés à la chaleur, parfois mortels, sont le symptôme d’une politique de prévention insuffisante. Comme d’autres dangers climatiques, la chaleur reste un des dangers au travail que le patronat préfère éluder, prétextant la difficulté et le coût d’installation de dispositifs pour y remédier.

la prévention meme si elle a un cout n’a pas de prix

Consignes imbuvables d’Orange

Depuis ses quartiers climatisés, l’Etat Major (EM) d’Orange a décidé de ne pas dévoiler trop tôt ses « consignes » pour répondre à un risque sanitaire majeur. Faut dire qu’en les lisant, il est aisé de comprendre ce qui anime ces dirigeants climatosceptiques, avec leur façon d’appréhender la prévention, faisant fi de leurs obligations en tant, qu’employeur au regard de l’art. L.4121-1 du Code du travail. Toutes leurs recommandations reposent sur la responsabilité des salarié.es, en particulier celle des managers de proximité, à trouver eux-mêmes les solutions à mettre en place pour travailler, selon la vigilance déclenchée par Météo-France, orange ou rouge. Même les valeurs de 30 °C pour une activité sédentaire et 28 °C pour un travail nécessitant une activité physique, mises à la disposition des entreprises par l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS), n’ont pas retenu l’intérêt de l’EM, pour qui, la seule chose qui compte, c’est la stratégie économique.

Chez Orange, il n’y a pas de petits profits : Toute absence de plus d’une heure devra être récupérée. Cette consigne, dit tout du mépris de ces dirigeant.es pour les personnels concernés. Loin de résoudre l’exposition aux grandes chaleurs, le Télétravail accentue, au contraire, la souffrance au travail, et les inégalités, selon que l’on habite dans une étuve.

SUD demande de nouveaux droits à compensation et à récupération pour la fatigue liée à l’exposition à la chaleur.

Entre le retard intentionnel et la communication hétéroclite, déjà constatés au premier épisode du mois de mai, le manque d’anticipation délibéré de la direction, est non seulement problématique mais surtout très préjudiciable à la santé des salarié.es, notamment les plus vulnérables.

Pas de consignes ou presque pour ces personnes, si ce n’est « en cas d’état de santé particulier ou de traitement à adapter », de se rapprocher du Service de prévention et de santé au travail (SPST), qui les invite à se déplacer… Aucune anticipation pour d’éventuelles visites médicales.

Pas mieux, côté conditions de travail à l’intervention (DTOF/DINT - ex UCI) : quelques centraux ont été climatisés. En revanche, pour les technicien.nes, les budgets sont serrés. La direction leur refuse l’utilisation de glacière électrique, et les T-shirts tarderont à arriver avant les épisodes caniculaires, faute d’anticipation des commandes.

Quant à l’organisation du travail (aménagement d’horaires, binôme, interdiction d’intervention…), les consignes ne sont applicables qu’à partir de la vigilance orange. Pas de consigne claire pour d’autres temps de pause que celle légale et obligatoire de 20 mn. Les technicien.nes ne sont pas suffisamment protégé.es des risques liés aux fortes chaleurs.

Les membres du C.A. d’Orange et de son COMEX doivent reconsidérer leurs politiques organisationnelles, immobilières, de mégapolisation, notamment.

Pour SUD, il est urgent de mettre en œuvre de véritables mesures d’adaptation et de protection, en associant les travailleuses et les travailleurs à la reconversion écologique de l’appareil productif et à la sortie des énergies fossiles sans leur faire payer la facture.

Pour faire face au défi structurel du réchauffement climatique, SUDPTT revendique notamment :

  • La prise en compte réelle du risque “fortes chaleurs” dans tous les DUERP (document unique d’évaluation des risques professionnels), qui doivent être genrés ;
  • La réduction du temps de travail à 32 heures par semaine sans perte de salaire ;
  • La fixation de températures maximum, reprenant les valeurs de l’INRS (28 degrés pour les métiers physiques et 30 degrés pour les métiers sédentaires) ;
  • Le droit à des congés canicule pour compensation et récupération de la fatigue liée à l’exposition à la chaleur ;
  • Un droit de retrait climatique et le renforcement du droit d’alerte
  • La remise en place des comités d’hygiène de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) avec des prérogatives renforcées et des moyens de fonctionnement indépendants de toutes les autres instances ;

Se déclarer en accident de travail, à la suite d’un malaise au travail, est une nécessité ! En cas de situation dangereuse, utilisez votre droit de retrait ! Ce dernier peut s’inscrire dans une démarche collective, soutenue par les représentant·es du personnel qui déposeront une alerte pour danger grave et imminent.

N’hésitez pas à contacter les militant.es SUD

lien vers @federationsudptt