Orange – Data Centers : SUD dénonce l’alliance opaque d’Orange avec Morrison et vote pour l’expertise externe au CSE Central.
Engagée dans la course effrénée à « l’intelligence artificielle », la direction d’Orange dévoilait, dans un communiqué du 27 juillet, son projet d’associer l’entreprise au fonds d’investissement Morrison, pour financer le développement de ses propres data centers, et favoriser la “croissance, l’innovation et l’emploi en France”, après décision prise en huis-clos du Conseil d’Administration.
Le 10 septembre dernier, elle informait les élu·e·s du CSE Central (CSEC) de sa volonté de créer une
coentreprise DC Co à parité (50/50), au 1er trimestre 2027.
Dans cette opération financière estimée à 3 milliards d’euros, combinant les actifs d’Orange, les fonds
propres de Morrison et de la dette nécessaire au financement de DC Co, Orange cèderait cinq data centers
majeurs situés sur 4 sites : Chevilly-Larue, Aubervilliers, Chartres et Val-de-Reuil, pour porter leur puissance
électrique à 400 MW, soit près de 10 fois ce qu’Orange exploite actuellement. Sa filiale Orange Business
deviendrait le distributeur exclusif des offres d’hébergement et de colocation, auprès des grandes
entreprises, des PME et des acteurs du secteur public.
Il n’est pas acceptable que le redimensionnement des 5 data centers d’Orange soit l’occasion d’une
spéculation financière sur ces nouveaux équipements, ni de se séparer d’une quarantaine de salarié.es du
domaine de l’Hébergement, qui serait transférée à la future DC Co.
Comment revendiquer une cybersécurité de pointe, quand son stockage serait ouvert à tout vent, sans
savoir qui opère les logiciels qui tournent dedans, ni sous quel droit ?
Ce projet de “co-entreprise” est une manœuvre qui permet de subvenir essentiellement aux besoins de
stockage de données monstrueux de Morrison.
Quant à l’empreinte écologique de ces data centers, hormis présenter ses bonnes intentions aux élu.es du
CSEC, la direction n’a fourni aucun élément comparatif concret quant à l’impact actuel et futur de chacun
des projets. Concernant l’eau, elle confirme qu’aucun objectif chiffré global de réduction de la
consommation n’est fixé à ce stade. Au-delà du CSEC d’Orange, cette opacité pose un réel problème
démocratique.
Pour tenter de légitimer le choix de ce partenaire financier néo-zélandais, la D.G. Christel Heydemann
indiquait que ce projet, aux velléités de « souveraineté numérique », avait notamment fait l’objet
d’échanges « avec les services compétents de l’Etat ».
Vu l’importance de ce projet et les nombreuses questions qu’il soulève, SUDPTT a voté en faveur d’une
expertise externe requise, afin que les élu.es du CSEC disposent d’une analyse indépendante.
Le souverainisme, dans lequel les dirigeants d’Orange se drapent, sert avant tout d’alibi à une dérégulation
généralisée, menée par des industriels assoiffés de pouvoir, aux relents impérialistes.
Chez Orange, SUDPTT exige un moratoire sur les IA générative, agentique comme sur les data centers, et
exprime tout son soutien aux résistances qui se multiplient en France et ailleurs, face à ces usines qui
prolifèrent pour alimenter l’insoutenable essor de « l’intelligence artificielle ».
Pour la fédération SUDPTT Contact V. Malavergne - 0788030706 - irpftsud@sudptt.org