Orange plonge dans les abysses de la finance


En première page de l’intranet groupe, une belle photo du Sophie Germain en mer.

La direction nous invite à « écrire la prochaine page de notre histoire ! ». Autant dire que l’histoire se cantonne à voterpour le nom d’un futur navire câblier d’Orange Marine.

Mais derrière ce message aux faux airs démocratiques, la réalité est tout autre. Nous assistons au pillage d’Orange qui s’accélère par la marchandisation méthodique d’activités de domaines stratégiques, de savoir-faire, cédés à de nouvelles sociétés dans lesquelles elle s’associe à des fonds d’investissement privés.

En plus des 5 data centers et terrains attenants que la direction compte transmettre à la future DC Co, dans le cadre d’un mariage avec le fonds néo-zélandais Morrison à 50/50. 

Comme si les bijoux de famille ne suffisaient pas, la direction a prévu d’ajouter, une fois de plus, à ces dots, le personnel expérimenté dont elle dispose.

Il ne fait plus aucun doute que la direction compte obtenir l’avis des élu.es, sans même apporter de réponse à toutes les questions économiques, sociales, au prétexte que son nouveau projet relèverait de la protection du secret des affaires.

Pour SUD, ceux qui brandissent le secret des affaires, protège des intérêts qui sont rarement ceux des travailleur.euses.

En effet, pendant qu’elle opère la perte de souveraineté d’Orange en vendant des infrastructures du groupe à des fonds étrangers, comment la DG peut-elle soutenir devant la Commission parlementaire du 16 avril dernier, que  « la majorité des opérateurs, parfois contraints par des raisons financières, ont cédé leurs infrastructures, notamment à des fonds, rarement français ou européens, nous avons fait le choix stratégique d’en garder le contrôle » ?

Avec un président du Medef international intronisé à son Conseil d’Administration, et une DG climatosceptique, les basses manœuvres s’intensifient. Selon un article paru le 5 octobre dans La Lettre, l’hypothèse d’un second tour de l’élection présidentielle opposant Le Pen et Mélenchon, fait « gamberger l’état-major d’Orange. Fait sans précédent : La DG du groupe a donné pour mission au secrétaire général, Nicolas Guérin, d’entrer en contact et d’échanger au plus vite avec tous les candidats, c’est-à-dire aussi avec le premier cercle de la candidate du Rassemblement national ».

Ces irresponsables sont décidément prêts à tout, même les connivences les plus viles.

Face à tous ces bonimenteurs, au mépris de tous ces « Mozart de la Finance », de la « start-up nation », et autres va-t-en-guerre, nous ne manquerons pas d’écrire une nouvelle page de l’histoire. Une histoire très différente de celle qu’ils veulent bien nous accorder, nous donnant l’illusion de participer aux décisions de l’entreprise.